Accueil > Actualités > Conférence : « Pas de paix sans développement durable: Le cas des femmes marocaines d’ici et d’ailleurs »

Conférence sur le thème

« Pas de paix sans développement durable : Le cas des femmes marocaines d’ici et d’ailleurs »

944907_577995079033893_3069753543417064989_n

En marge de la 60ème session de la commission de la condition de la femme qui s’est tenue à New York l’Association Jossour Forum des Femmes Marocaine (Jossour FFM) et le groupe de travail « Approche genre et nouvelle génération » du Conseil de la communauté marocaine a l’étranger (CCME) ont organisé conjointement une conférence sur le thème « Pas de paix sans développement durable : Le cas des femmes marocaines d’ici et d’ailleurs ». L’Institution constitutionnelle et l’ONG ont fait le choix d’un partenariat pour débattre de l’expérience des femmes marocaines, du Maroc et du monde, en matière de droits obtenus, mais fragiles, des défis qui restent à soulever et des attentes qui sont nombreuses.

Mme Amina Ennceiri, Membre du CCME en France et Présidente du groupe de travail « Approche genre et nouvelles générations » a axé son intervention sur les droits des femmes migrantes marocaines à travers le monde. Elle a rappelé que la migration féminine marocaine dans le monde, de l’ordre de 47% sur un total de 4 millions, est active et non plus passive comme dans les années 60. Les Marocaines du monde affrontent les mêmes défis que les marocaines du Maroc, comme l’ont révélées les études du groupe de travail, mais avec des complications juridiques parfois inextricables en raison des conflits de lois. Les situations de divorce, de garde d’enfant, d’autorité parentale, de Kafala, d’héritage, de double nationalité, de veuvage, de nationalité ou d’exequatur peuvent devenir le calvaire quotidien des femmes et de toute leur famille.

L’application du Code de la famille à l’étranger est difficile en raison des conflits de lois: la Kafala peine à se faire reconnaître, l’adoption étant interdite en droit musulman. La plus part des migrants des années 60 sont vieux, malades et semblent inutiles économiquement pour qu’on se penche sérieusement sur leur leurs maigres retraites et leur fin de vie. Les milliers de saisonnières qui partent cueillir les fraises s’estiment heureuses de travailler, même le temps d’une saison, mais leur protection juridique et sociale est également saisonnière… Les mineurs non accompagnés ont été nombreux, et le sont encore à partir en Europe, et si certains reviennent, d’autres non et l’on ne sait que très peu de leur situation et de leur devenir.

Les femmes en Afrique et dans les pays arabes vivent des situations alarmantes en termes de droits fondamentaux liées à leur situation de femme, au régime de la Kafala et aux préjugés qui affectent l’image de toutes les Marocaines. Mme Ennceiri a aussi pointé du doigt le fossé qui existe entre les discours, les législations et la réalité. La Constitution invite, à travers quatre articles, les Marocains à participer aux grands chantiers du pays et aux Institutions de bonne gouvernance. Mais la mise en place des institutions consultatives se fait toujours sans la participation des Marocains du monde. Elle pose la question du traitement des problématiques des femmes migrantes marocaines sans une représentation effective de celles­ci, par exemple, dans le Conseil de l’Autorite pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations ou dans le Conseil consultatif de la famille et de l’enfance. Amina Ennceiri a en outre, appelé les politiques publiques à se doter d’une approche migrant pour pallier à ces dysfonctionnements et plus de démocratie participative. Elle a annoncé qu’une étude du groupe de travail est en cours afin de mener une réflexion profonde sur les dysfonctionnements persistants et les enjeux de l’exclusion, même partielle, des Marocains du monde, des politiques publiques.

Mme Omayma Achour, Présidente de Jossour, a présenté les acquis des femmes marocaines en matière de droit et les défis importants qui restent à soulever en matière d’éducation, d’égalité, d’autonomie, de discrimination et de lutte contre la violence faite aux femmes. Les acquis restent fragiles et doivent être préservés a­t­elle précisé. Elle a également appelé à « l’effectivité » de la Constitution, à l’harmonisation du dispositif législatif marocain avec les conventions internationales ratifiées et à l’urgence de mettre en place la loi contre la violence. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de sensibiliser sur le cas des violences faites aux filles qui deviennent doublement victimes, tels que les cas des mamans « aux corps d’enfants ». Elle a conclu, en rappelant les nombreux et importants chantiers du Maroc auxquels les femmes doivent prendre part et en bénéficier. Elle a particulièrement insisté sur celui de l’énergie renouvelable qui place le Royaume au premier rang mondial et celui des initiatives en matière de changements climatiques qui en fait un leader régional. Les femmes étant les premières à subir les effets dévastateurs du changement climatique.

Mme Rhizlane Benachir, vice Présidente de Jossour FFM, a pour sa part présenté le rôle de l’association au sein du mouvement féminin pour les droits des femmes, la mise en place des mécanismes institutionnels qui s’appliquent aux femmes marocaines « d’ici et d’ailleurs », tels le Code de la famille et les avancées constitutionnelles acquises notamment à travers l’article 19. Elle a regretté que les recommandations de la société civile aient été ignorées dans le texte de loi du Conseil pour la parité et l’égalité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, texte auquel les ONG n’ont pas été impliquées dans la rédaction. Elle a conclu en alertant sur la situation des femmes et des enfants syriens et subsahariens qui vivent dans la précarité totale, la vulnérabilité et l’insécurité et qui nécessitent d’urgence l’aide et le soutien du gouvernement, de même que la mise en place du droit d’asile conformément à la Convention de Genève signée par le Maroc.

Mme Souad Talsi, Membre du CCME au Royaume Uni est, intervenue en tant que Fondatrice et Secrétaire Générale de Al Hasanya. Elle a indiqué que la CSW 59 (2015) et la CSW 60 ont omis dans leur agenda les femmes migrantes qui se comptent par millions dans le monde. Elle a présenté la situation des femmes marocaines et arabes de la Grande Bretagne qui vivent des dans des situations d’inégalité et de discriminations dans les services publics dédiés aux minorités dont elles font partie. Elle a estimé, néanmoins, que celles­ci sont bien plus chanceuses par rapport aux milliers de marocaines séquestrées depuis plus de 40 années dans les camps de Tindouf. Mme Talsi, en s’appuyant sur des rapports internationaux, s’est interrogée sur le silence du Secrétaire Général des Nations Unies quand au calvaire inhumain de ces femmes qui sont dans l’impossibilité d’accéder aux droits les plus élémentaires et les plus basiques et de se défendre contre les violences qu’elles subissent quotidiennement.

Mme Mina Rhouch, Membre du CCME en Espagne,a fait une intervention au titre de la Fondation CIMME, Centre international médical pour migrants étrangers ( Séville). Elle a appelé à la prise en compte des besoins des femmes migrantes en matière de santé et alerté sur les frontières législatives créées en raison de la crise économique qui bloquent l’accès aux soins de santé aux migrantes en situation irrégulière. Elle a insisté sur les difficultés des femmes saisonnières qui travaillent dans les zones enclavées et sur les problématiques des femmes domestiques en termes de droits. Mme Rhouch a appelé à la révision des conventions bilatérales en matière de protection sociale et à une mobilisation des syndicats pour la protection des droits des domestiques qui sont en majorité des migrantes.

Plusieurs autres intervenantes internationales ont participé activement à cette conférence, dont Assiata Toure Présidente du Bureau National du RPM du Mali, Hibaq Osman Fondatrice et Directrice exécutive du réseau des femmes arabes Karama et Dasa Silovic, Présidente du bureau international de la CEE pour les questions genre.

Les participantes ont admis que les enjeux en matière de droits des femmes de manière générale, et de droits des femmes migrantes en particulier, sont nombreux et les attentes sont très fortes aussi bien au Maroc, dans les pays arabes, qu’en en Afrique ou en Europe.

600395_579625005537567_2702852700357559289_n12523867_577995725700495_6609570816143864565_n 944886_577996712367063_6603808293484651648_n 535270_577995912367143_4287381402010060985_n984114_577996349033766_582356418161092156_n 12803259_579690112197723_4727956795656501380_n

10426716_579633032203431_17463158270819509_n 945256_579661758867225_5396586434999102820_n 1935801_579629045537163_7260694101347990257_n 1618432_579661805533887_3403110459979112070_n 12804703_579632225536845_2788412203355236379_n 12717608_579661802200554_6384492716523764634_n 12670659_579661598867241_2192314355556405464_n 12592248_579661422200592_3408657882143317679_n 12524404_579652682201466_1796097078602401100_n 12512772_579652292201505_8282065940768749002_n 12472656_579661935533874_8935151718856104890_n 12321529_579690252197709_5880831432238842382_n 12049654_579626492204085_1116179060464849834_n

12718027_579658625534205_4109477724184863534_n

 

12523944_579690028864398_1396286372224698544_n

Lien Presse